Journée mondiale du vent : Quand l’énergie du vent inspire les hommes

15 juin 2020

Traditionnellement la journée mondiale du vent – Wind Day – est l’occasion de découvrir l’énergie éolienne partout en France grandeur nature au travers de la visite de parcs éoliens et d’animations. Cette année, suite à la pandémie de Covid-19, nous vous proposons de découvrir l’éolien au travers les oeuvres artistiques de femmes et d’hommes pour qui le vent est une source d’inspiration infinie.

Le vent a toujours inspirés les artistes de tous horizons et de toutes les époques et les éoliennes modernes ne font pas exception à la règle. De l’art cinétique apparu dans les années 50, aux peintures en passant par des installations monumentales ou des détournements, les artistes nous invitent à nous questionner sur notre rapport à l’énergie, à l’esthétique et à la nature. Tour d’horizon à travers ce dossier sur l’art et l’éolien !

Quand les éoliennes deviennent des toiles géantes !

Les éoliennes modernes posent des défis uniques aux artistes : la «toile» est un « tube »gigantesque et nécessite une approche différente tant sur le plan esthétique que sur la réflexion en tant qu’objet artistique. Petits tour d’horizons non exhaustifs de peintures sur éoliennes !

Le projet “Art on Wind Turbine”

L’Association estonienne de l’énergie éolienne a transformé l’une des éoliennes du pays en art pour la Journée mondiale du vent en 2014. L’idée de décorer la turbine avec des pissenlits a été sélectionnée parmi 46 idées envoyées pour le concours «Art on Wind Turbine».

L’œuvre a été peinte sur l’une des tours du parc éolien de Viru-Nigula dans l’est de l’Estonie et est bien vue par les gens qui passent devant le parc éolien sur l’autoroute Narva. Les pissenlits prêts à laisser voler leurs graines symbolisent le flux d’énergie et de vent.

Les éoliennes de Lubow en Allemagne

Pour ce parc de 4 éoliennes, chaque éolienne a reçu un nom féminin et une fresque pour quatre générations différentes d’habitantes de la ville. Par exemple “Mecklenburg Countryside” a pris le nom de Lotte (Lotte Bösch), du nom de la plus vieille habitante de Lübow, qui a revêtu son costume pour l’inauguration et a écrit un poème et «La création» a reçu le nom de Heidrun (Heidrun Rudolph), un employé du ministère de l’Économie, qui représente la génération qui a aidé à construire ces installations. 

Les éoliennes de l’écho village de FIndhorn en Ecosse

L’écovillage de Findhorn, à Moray, en Écosse, a été créé en 1962 comme «un centre international d’apprentissage holistique, aidant à développer une nouvelle conscience humaine et à créer un avenir positif et durable». Avec des panneaux solaires montés sur les toits des bâtiments, un parc éolien à proximité sur la rive de la mer du Nord fournit une énergie propre et verte à l’écovillage durable. «Comme nous le voyons dans cette peinture fantaisiste sur une éolienne», pour citer le site Web de la communauté , «le sacré et le banal sont des réalités interpénétrantes au Findhorn.»

L’artiste Lisa Shaw , assistée par des groupes locaux d’enfants et d’adultes, a peint des peintures murales sur trois des tours à turbine du parc éolien Findhorn après leur installation en 2006. Les peintures murales combinent des thèmes écologiques éducatifs avec une sensibilité agréable de l’art populaire qui encourage les membres de la communauté à pleinement adopter l’énergie électrique durable.

L’éolienne “Myghty Atom” au Japon

Dominant le parc Wakasu Kaihin au Japon, vous trouverez facilement cette éolienne de 100 mètres de hauteur dans le quartier Koto de Tokyo. Des images peintes d’Astro Boy («Mighty Atom» en japonais traduit) et des personnages associés créés par la légende de l’anime d’Osamu Tezuka s’élèvent à plus de la moitié de la tour de la turbine. Astro Boy a fait sa première apparition de manga en 1952 et la turbine a été peinte quelque temps après sa mise en service en 2004.

Le « Wind Art Project » de Joana Vasconcelos et Vhils

Le « Wind Art project” est un projet culturel unique au monde, développé au portugal par les célèbres plasticiens portugais Joana Vasconcelos et Vhils, avec le soutien de Ancora Wind. Les artistes ont ainsi réalisé l’habillage deux éoliennes de 100 m de haut et 50 m d’envergure du parc éolien de Douro Sul, situé dans la région de Moimenta de Beira. Le projet permet de mettre en lien l’art et la culture avec l’industrie et l’énergie, en explorant l’intégration des turbines dans le paysage local –humain et naturel.

Les éoliennes revisitées

Les éoliennes inspirent aujourd’hui de nombreux plasticiens et urbanistes, qui au travers de cet objet industriel repensent leur intégration dans le paysage et nous invitent à la réflexion. Entres installations monumentales, détournements, petit tour d’horizons de projets originaux.

“WINDLICHT” du designer Daan Roosegarde

Le Wind art se décline de nuit comme en témoigne l’œuvre du designer néerlandais Daan Roosegarde. En mars 2016, l’artiste souligne la beauté et la poésie de l’énergie verte en équipant les éoliennes du village de Sint Annaland d’un dispositif lumineux les reliant entre elles. Le faisceau lumineux vert suit la rotation des pales.

Le projet « Aero Art» par l’artiste Allemand Horst Glasker

Célèbre pour sa production prolifique de papiers peints et de tapis dynamiques et colorés, Horst Glasker est considéré comme le fondateur du mouvement Pattern Art . Ses ornements peuvent être vus dans toute l’Allemagne et désormais à très grande échelle ! La plupart des éolienne sont traditionnellement peintes en blanc, bleu clair ou vert pour se fondre dans le paysage et le ciel environnants. Horst Glasker a contesté le fait de négliger une source d’énergie aussi puissante et a commencé à les peindre des couleurs brillantes de jour

Cette cure de jouvence superficielle vise à encourager les gens à non seulement jeter un second coup d’œil et profiter de leurs éoliennes locales, mais aussi à commencer à apprécier ce qu’ils font pour l’environnement.

« Éolienne » par Patrick Raynaud pour l’exposition universelle de 2000 à Hanovre.

Patrick Reynaud est un artiste Français ayant réalisé plus de 70 expositions personnelles et 200 expositions collectives. Ses œuvres font partie de nombreuses collections publiques internationales. Il développe le concept de l'”in-situ-déménageable”1. Patrick Raynaud a été professeur et directeur de plusieurs écoles d’art en France.

À l’aide d’un tas de lumières, Raynaud a transformé une éolienne à Hanovre, en Allemagne, en une installation artistique. Les 30 lumières qui accompagnent l’éolienne varient en intensité en fonction du vent, ces dernières étant alimentées par l’éolienne elle-même.  Commandée pour le programme de protection du climat de Hanovre Expo-Region, cette installation d’énergie verte transformée en générateur d’art offre une réflexion sur nos mode de production d’énergie et une vue nocturne des plus originales.

Les éoliennes bleues d’EL PASO au Texas

Le long de l’autoroute à l’extérieur de l’aéroport international d’El Paso au Texas, 16 éoliennes, mesurant 50 pieds de haut, sont éclairées par le bas avec une lumière bleue fantomatique. Au sommet de chacune se trouve une éolienne à axe vertical de 10 pieds de haut. Selon le chef de projet Jan Gromadzki, chaque turbine produit entre un et un kilowattheure et demi d’énergie, suffisamment pour compenser le coût de l’éclairage esthétique autour de l’aéroport.

« Wikado » et « REwind» par Superuse Studios

La durée de vie moyenne d’un parc éolien est de 25 ans. A la fin de son cycle de vie, l’éolienne est démantelée. La firme néerlandaise Superuse Studios a eu l’idée de donner une seconde vie aux pales en les transformant en aire de jeux pour enfants et en mobilier urbain.

Ainsi, pour la fondation « Kinderparadijs Meidoorn », une aire de jeux de 1200 m², « Wikado », a été créée par l’équipe du studio Superuse. Située à Rotterdam, l’aire de jeux est constituée de 5 pales découpées et assemblées pour créer un ensemble de tunnels, de ponts, de mur d’escalade et de toboggans.

A l’initiative de la ville, le projet « REwind » a permis d’installer des sièges publics sur la place Willemsplein: 9 pales de turbine intactes ont été assemblées pour créer des sièges.

Le projet « Wind Waker » par les designers Miguel Angel Lopez et Julio Alejandro Romero Alonso

En 2014, dans le cadre de la « Land Art Generator Initiative Competition », une compétition internationale qui invite à concevoir des sculptures au design innovant productrices d’énergie, les designers espagnols Miguel Angel Lopez et Julio Alejandro Romero Alonso ont imaginé le projet « Wind Waker ».

Le projet étant destiné à un parc de Copenhague situé sur la côte, les artistes ont fait le choix de s’appuyer sur l’utilisation du vent, sans reproduire l’éolienne classique, pour démontrer que les éléments urbains peuvent produire de l’énergie de façon esthétique. Leur projet représente donc un ensemble de structures et de voiles légères : dès lors que le vent secoue les voiles, des nanogénérateurs embarqués convertissent les rafales en électricité.

Le projet Windwords de Prototype 2030

Dans le but de réprimer l’opposition de NIMBY («pas dans ma cour») aux parcs éoliens, le collectif international de design Prototype 2030 a créé une proposition en deux parties qui transformerait les éoliennes en art public interactif. La première partie de la conception, baptisée Windwords, propose de remodeler les éoliennes en lettres géantes pour créer des repères représentatifs de la communauté. Pour habiliter davantage les communautés avec des parcs éoliens, les concepteurs suggèrent de permettre aux résidents locaux de partager les bénéfices et de contrôler les éoliennes via une application pour smartphone.

Inspiré par des processus de conception axés sur la communauté pour les infrastructures publiques, le prototype 2030 estime que la voie vers une acceptation plus large des parcs éoliens et des éoliennes commence par une conception centrée sur le quartier. La proposition Windwords s’inspire du signe hollywoodien et des lettres IAMSTERDAM, qui sont non seulement des monuments emblématiques de leurs villes respectives, mais attirent également l’attention des touristes.

Les oeuvres cinétiques

Mouvement apparu dans les années 50, l’art cinétique désigne les œuvres mises en mouvement par les éléments naturels tels que le vent, le soleil ou l’eau, les spectateurs et/ou un mécanisme motorisé. Les artistes du monde entier ont mis à l’honneur le vent et démontrent leur créativité à travers l’exploitation de cette ressource inépuisable.

« The Wind Portal » de la designer Najla El Zein

The Wind Portal, un portail de 8 mètres de haut constitué de 5000 moulins à vent en papier pliés à la main, a été pensé et réalisé par la designer libanaise Najla El Zein.

L’installation se singularise par sa forme architecturale qui crée un effet de trompe l’œil : selon l’endroit où vous vous placez, le portail apparait fermé et s’ouvre par magie lorsque vous vous déplacez. Les moulins à vent sont accompagnés d’un système automatisé de ventilation et de lumière. Différents flux de vent sont programmés entrainant ainsi des vitesses de rotation variées et des sons : émotions garanties ! L’artiste précise: “la lumière, qui semble jouer avec le flux de vent, nous donne l’impression que la pièce respire. En effet, le portail inspire et expire ; le vent est la principale source de la vie ».

Les sculptures cinétiques de Pierre LUU

Traqueur de mouvement, Pierre LUU invente des dispositifs impliquant des éléments naturellement instables (l’eau, le vent), agence et transforme la matière pour générer des formes en action, afin de rendre visible la course du monde. C’est le déploiement de la vie qui l’anime. Avec les éoliennes et les mobiles, il recherche une forme de beauté, d’épure, d’harmonie des déplacements.

Dans certaines installations, je vise un renouvellement perpétuel du paysage. La position ou la couleur d’un objet change quand il y a du vent ou du soleil. Dans certains systèmes le vent créer un déplacement des objets, mais ceux-ci se figent dans une des deux positions possibles d’immobilité quand le vent faibli. Ceci permet de créer des combinaisons de formes et de couleurs qui évoluent de jour en jour. »

Les sculptures cinétiques d’Anthony Howe

L’artiste américain, Anthony Howe, étonne avec ses sculptures cinétiques aux dimensions impressionnantes (plusieurs dizaines de mètres pour près de 1000 kgs). Entièrement constituées de pièces en métal, les œuvres se meuvent uniquement grâce au vent et génèrent ainsi des mouvements hypnotiques. Anthony Howe continue d’étonner et s’est récemment distingué lors de JO de Rio 2016 en réalisant la vasque contenant la flamme olympique.

« Strandbeesten » de Theo Jansen

Theo Jansen, artiste néerlandais, s’est rendu célèbre avec ses créatures imaginaires en plastique recyclé mues par le vent et déambulant sur de nombreuses plages, où le vent est généralement omniprésent. L’artiste définit lui-même ses créations comme des animaux des plages (Strandbeesten en Néerlandais ou Animari en latin pour définir un nouveau genre d’espèces animales) complètement autonomes. Constituées de bouteilles et tubes plastiques légers, et parfois dotées de voiles, les œuvres prennent la forme de squelettes dont le mouvement est généré par la seule force du vent.

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