Biodiversité et énergie éolienne

Biodiversité et énergie éolienne

La protection de la biodiversité fait partie des priorités de l’Union européenne, au même titre que la lutte contre le changement climatique. Il est donc indispensable de maîtriser les impacts des éoliennes sur la biodiversité afin d’assurer une cohérence entre ces deux objectifs de développement durable. L’exigence de protection de la biodiversité, en particulier des oiseaux et chiroptères, joue ainsi un rôle majeur dans la planification et la réalisation de projets éoliens terrestres, avec un accompagnement et un encadrement étroit de la part du législateur.

Le respect de la faune et la flore

Concernant la faune sauvage, la prise en compte a lieu à la fois pendant les chantiers puis au cours de la phase d’exploitation. Dans les sites les plus sensibles, les travaux les plus importants sont organisés en dehors de la période de reproduction de la plupart des animaux. S’agissant de la phase d’exploitation du parc éolien, des observations menées à proximité de parcs éoliens en fonctionnement ont montré que le comportement et la répartition du gibier sont quasiment identiques avec ou sans éoliennes. Quant à la flore, elle est également prise en compte par les études d’impact et les différentes propositions d’implantation des parcs éoliens. Les impacts au sol des éoliennes sont toutefois très limités et concernent essentiellement les terres agricoles.

Le programme européen « Eolien et Biodiversité »

Créé en 1995, ce projet rassemble les acteurs privés et publics de l’éolien français ainsi que les experts naturalistes, dans une volonté commune de faire émerger un parc éolien français respectueux de la biodiversité. Il mène dans ce cadre un certain nombre d’actions :

– La définition de critères de qualité haute qualité environnementale au regard de leurs impacts sur la biodiversité, en particulier les oiseaux et les chauves-souris

– L’évaluation des effets des éoliennes par la mise en œuvre d’un observatoire national permanent des impacts des parcs éoliens sur la biodiversité

– L’encadrement méthodologique des suivis post-installation, le recueil des résultats

– L’aide au montage et l’apport de conseils techniques à destination des acteurs privés (développeurs) et publics (collectivités, associations, administrations)

Oiseaux et éoliennes

Les développeurs éoliens travaillent de concert avec les associations environnementales, notamment la Ligue de Protection des Oiseaux (LPO) ou des bureaux d’études spécialisés, pour évaluer la sensibilité d’une zone envisagée pour un projet d’implantation.
Les espèces d’oiseaux fréquentant un site sont très variables d’un projet à un autre, en fonction du contexte environnemental et de la zone biogéographique. L’étude de l’avifaune préalable à l’implantation d’un parc éolien porte, d’une part, sur les populations d’espèces d’oiseaux présentes ou utilisant le site, et d’autre part, sur le comportement de ces oiseaux et en particulier leurs voies de déplacement et leurs hauteurs de vol. Les résultats permettent de déterminer au mieux l’implantation des éoliennes et leur disposition les unes par rapport aux autres. Une attention renforcée est consacrée aux projets d’implantation de parcs éoliens dans des zones protégées comme les parcs naturels ou les zones Natura 2000. L’implantation d’éoliennes sur des sites reconnus sensibles est évitée.

Une étude américaine menée en 2005 a montré que les mortalités directes liées aux éoliennes ne sont pas significatives, en comparaison avec d’autres facteurs comme les collisions, les installations électriques, les chats ou les collisions routières.

Chiroptères et éoliennes

Une trentaine d’espèces de chauves-souris fréquentent le territoire métropolitain, avec des variations importantes selon les régions. La cohabitation avec les éoliennes peut représenter un danger pour certaines d’entre elles.

Une expertise chiroptérologique est donc toujours intégrée au contenu de l’étude d’impact réalisée préalablement à l’implantation d’un parc éolien. L’emplacement et la disposition des éoliennes sont ainsi étudiés afin de réduire au maximum cet impact. Cela peut impliquer l’éloignement des éoliennes des lisières des forêts (zones les plus exposées) ainsi que l’adaptation du fonctionnement du parc.

La réglementation ICPE sur les parcs éoliens prévoit également des suivis obligatoires d’activité et de mortalité des chiroptères après la construction. Ces contrôles ont lieu au moins une fois au cours des trois premières années, puis une fois tous les dix ans. Si l’estimation de la mortalité des chauves-souris est un exercice très complexe, les méthodes de calcul gagnent constamment en précision.

Protocole d’étude chiroptérologique sur les projets de parcs éoliens

L’objectif des acteurs est de disposer d’une méthodologie commune pour mesurer l’impact des éoliennes sur les chiroptères. C’est pourquoi ils travaillent ensemble, depuis 2010, à la rédaction d’un protocole d’études commun pour la réalisation d’expertises chiroptérologiques. L’objectif est de définir précisément la démarche technique à mettre en œuvre, tant sur les mesures d’impact en amont que sur les mesures de suivi en cours d’exploitation.